Une enfance sans accroches…

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Après une naissance  sous le signe de l’orage, ma petite enfance s’est déroulée à la campagne dans un petit village de 300 âmes. Mes parents avaient fait construire une petite maison à l’orée d’un bois à 20 km de la ville.  J’étais plutôt un bébé joyeux et souriant avec des grosse joues, mes proches m’appelait ‘’doudoune’’. Curieuse de tout, j’étais très en avance, j’ai su lire et écrire très tôt, et je bafouillais anglais. Très câline, voir même un peu collante, j’étais très en demande d’affection pour le bonheur de mes parents, et de leurs entourage, je faisais des dessins à tout le monde. Mais pas pour le bonheur  de ma sœur avec qui les rapports étaient très conflictuels. Il faut dire qu’avec 7 ans de différence on ne se comprenait pas toujours. On se faisait les pires misères, attaque à coup de poupées mannequins, et dans les années 80 les poupées avaient des jambes en métal, donc c’était un peu douloureux. Une fois ma sœur me coinça la tête dans la porte m’assommant contre les montants en fontes ça m’a bien sonné.

Mes parents travaillaient tout 2, Papounet comme typographe à ‘’l’impopulaire’’ et Mamita à l’hôpital comme aide-soignante, métier que malgré sa retraite, elle exerce toujours.

Leurs horaires décalés faisaient que nous avions une nourrice,  elle vivait dans la ferme plus bas avec son mari la mère de celui-ci et son frère.

J’étais ça petite préférée, elle me gardera de mes 3 mois jusqu’à mes 8 ans. Elle avait un grand jardin ou j’aimais vagabonder, un poulailler, un pigeonnier, mais aussi des clapiers à lapins ou je me cachais avec les lapereaux. Du coup ils me cherchaient parfois pendant un long moment et me retrouvaient  endormie dans la paille avec les bestioles dans les bras. Ma Tata m’a offert d’ailleurs un lapin en peluche qui fut mon doudou  toute mon enfance et que je garde encore précieusement.

 Il y avait aussi ce gros tilleul dans la cour, devant cette arbre majestueux sous l’ombre duquel nous mangions l’été, j’aimais cet arbre et il a été un de mes endroit préférés pour jouer avec ma toupie pendant de longues heures, ses racines étaient un terrain de jeux parfait  pour les billes. Plus loin un puits, ou bien  sûr il m’était interdit de m’approcher. Quand j’arrivais par le petit chemin les chiens de chasse de mon tonton Milou, c’est comme ça que j’appelais le mari de ma nourrice, aboyaient dans le chenil, de leurs grosse voix rauques, j’affectionnais particulièrement Titus un de leurs chien.  Je suis une grande amie des animaux et de mon enfance à aujourd’hui, les animaux sont présent dans ma vie et me sont de précieux compagnons, dans la joie mais surtout dans la tristesse. Ma solitude est souvent apaisée par les petites bêtes qui ont partagé ma vie.

Le soir elle me faisait un soupe au vermicelle ou mon tonton Milou me mettais un peu de vin rouge, je faisais chabro comme on dit chez nous.

J’avais droit aussi à mon verre de cidre qu’ils fabriquaient eux même, d’une belles couleur dorés avec des reflets rosés j’appelais cela la rose, j’en étais friande j’allais en douce en boire dans la grange dès que je tombais  dessus.

J’ai commencé l’école maternelle à 4 ans, école qui accueillait  les enfants des villages environnant nous étions une trentaine d’élèves dans une grande classe ouverte  allant de la maternelle au CE1.

Tous les matins je partais attendre le car accompagnée de ma petite pupuce notre chatte, et le soir quand je rentrais elle m’attendait au même endroit. Cette bestiole était très ponctuel, pas comme moi en tout cas ….

Petite Chouchoute de la maitresse j’étais première de ma classe, pendant tout mon cycle dans cette école

J’affectionnais particulièrement cette institutrice et c’est avec beaucoup de plaisir que je parle d’elle.

Un jour, je lui ai fait le plus beau cadeau à mes yeux, je lui ai offert le carillon  qui me berçait  bébé, une cloche bleu, qui, quand tu tirais sur la ficelle chantais une berceuse, elle possède encore cette cloche, elle a aussi  bercé ses petits-enfants. Lorsque je la croise aujourd’hui c’est toujours un plaisir de la revoir car elle m’a beaucoup marqué .Elle avait dans le tiroir de son bureau une brosse à cheveux spécialement pour moi. J’avais une belle chevelure, de très jolies et longues anglaises.

Avec mes grosses joues, mes pommettes saillantes, des petites dents écartaient on aurait dit une poupée de porcelaine. Mamita  le matin me coiffait comme elle pouvait car je ne me laissais pas faire, elle me mettait quelques barrettes pour mettre un ordre dans la jungle qui me servait de chevelure, arrivais dans le car de ramassage, je me faisais un plaisir de tout virée et de me décoiffer. A l’école mon institutrice remettait tout cela en place et le soir avant de repartir, c’était le même rituel. J’affectionnais se moment de calme à ce moment j’avais ma maitresse pour moi  toute seule.

Loin d’être une fayotte je faisais souvent des cadeaux à mon institutrice, J’aimais lui cueillir des fleurs, lui ramasser des châtaignes, des jolies feuilles d’automne aux couleurs chatoyantes, des  insectes que je trouvais. Par la suite, elle faisait des cours de sciences sur ceux –ci, à toute la classe. J’ai apporté  une fois une taupe que mon chat avait chassé et plus tard, je la relâcherais avec mon meilleur copain ‘’Fabice’’,  qui habitait la maison à côté. Dans le jardin d’un de mes voisins que je n’aimais pas. Celui-ci  avait pour fierté sa pelouse qui était d’un vert parfait, il  la bichonnait tous les dimanches avec sa tondeuse dernier modèle « nous étions des sales gosses quand même ».

A la cantine elle me mettait  à côté d’elle, car j’avais déjà des troubles alimentaires, je ne mangeais presque rien  sauf chez ‘’Paloma ‘’ ma grand-mère maternelle qui me menaçait d’interdiction de sortie  tant que mon assiette n’était pas vide. Quand je faisais l’imbécile ou que je parlais trop, elle me mettait un petit coup de cuillère sur les mains  et me disait arrêtes’’ de parler et mange sinon tu restes faire la vaisselle avec la cantinière’’.

Ce qui m’arrivait du coup très souvent mais loin d’être une punition car à chaque fois la cantinière me donnait une récompense pour mon travail  sous forme de gâteaux ou de bonbons, mes préféré les sucettes’’ Pierrot’’.

J’avais un plats que j’affectionnais particulièrement c’était la purée de pois cassés dans laquelle je dessinais des routes des ponts j’étais le maire d’une ville verte et même si je ne la mangeais  presque pas mon plat, mon  imaginaire m’emmener dans cette ville, en   dessinant  dans mon assiettes et je me perdais dans mes pensées pendant tout le repas jusqu’à que celle-ci soit ramassée.

Aujourd’hui quand j’en cuisine le gout de cette belle période de mon enfance me revient et me ravie. Pas mon fils par contre il déteste ça

 

A la récréation, je jouais  à être une  ballerine je faisais des pointes dans le préau, je  tournoyais et ma jupe volais comme un cerceau autour de moi,  je me fabriquais des voiles avec mes mouchoirs, je vous explique comment ! Ma grand-mère paternelle nous offrait à ma sœur et moi un pyjama et des mouchoirs tous les noëls. Avec mes dents je faisais des trous dans le coin de ceux –ci, je me les accrochais autour des oreilles, et je courais avec mes mouchoirs au vent m’imaginant avec des traines sur la tête comme un princesse,  l’effet n’était peut-être pas joyeux mais cela m’amusais et mon esprit  n’avait  pas de limite.   Ma mère était furax chaque fois et se demandais pourquoi il y avait des trous dans chacun de mes mouchoirs ‘’ voilà Mamita tu sais maintenant pourquoi…  ‘’

L’instant d’après je me battais comme un chiffonnier avec les garçons leurs mettant une correction  et je  les enfermais dans les toilettes à  doubles tours car il m’avait soulevé ma jupe, je me battais très souvent, un vrai petit catcheur. Ca commencé déjà le matin dans le car avec le fils du chauffeur, c’était très électrique entre nous, on se cognait dès que l’on se voyait, son père était obligeait de nous mettre l’un  et l’autre à un  bout du mini bus, mais ça ne suffisait pas. L’instant d’après nous étions déjà partis à faire de la lutte au milieu de celui-ci, du coup s’arrêtait au bord de la route pour nous séparer.

Il me reste d’ailleurs les  stigmates de cette époque quelques rayures, cicatrices de griffures sur le visage.

Je n’avais pas beaucoup d’amis, il y avait le garçon assis derrière moi en classe dont j’étais tombé amoureuse parce qu’il me coupait des mèches de cheveux, mon côté déjà masochiste peut être. On  s’échangeait  nos bonhommes Musclor et autre Squeletor héros de dessin animé de l’époque  et nos petites voitures.

Ma meilleure copine est  arrivé en cours d’année, elle venait d’une autre région je ne sais plus laquelle. Deuxième d’une famille nombreuse, elle était très grande pour son âge et était un peu boulotte , les cheveux courts et très timide. On nous appelait  Laurel et Hardy,  j’étais toute fluette à côté. Nous étions toute deux souvent sujet à moqueries. Quand les filles de l’école riaient  d’elle, même si elle faisait 2 têtes de plus que moi, la petites nerveuse que j’étais et que je suis toujours d’ailleurs fonçait  sur le premier qui osait embêter ma copine celui-ci s’en sortait avec une raclée magistrale, pas fine la petite Doudoune.

Ce qui arriva souvent après que je me sois  cassé les dents à l’âge de 6 ans. Un soir j’ai voulu gouté le carrelage de la cuisine, ben ce n’est pas bon.  J’étais a genoux par terre je me tenais les pieds et j’ai basculé en avant. Ma mère m’a entendu hurlais et par reflexe mis une demie claque en trois fois expression de celle-ci à tata qui n’y était pour rien, pour une fois. Vexée ma mère voulu me recoller les bouts manquant à la glue en vain   les 2 dents de devant en V me faisait un sourire vampiresque elle ne  fut réparée qu’a l’âge de 12 ans.

Par la suite  Mamita  décida de me scalper en me faisant faire une espèce de coupe mulet horrible, très tendance à l’époque, et remplaçant mes petites robes smockés et mes  Salomé blanches à marguerite par des joggings et salopettes ce qui faisait de moi un vrai garçon manqué. Adieu jolie bouille de poupée, j’ai eu toute les coupes les plus affreuses les unes que les autres , bols, brosses et autre ignominie capillaires  jusqu’à mon ado ou ma crinière revenu .Premier choc émotionnel pour moi car mes cheveux comme Samson son ma force cela aller être le début d’une  période difficile, j’allais devenir une pestiférée, mes parents allaient divorcer.

La situation fut étrange car ma sœur et moi ne voyons pas trop nos parents s’engeuler, ni s’embrasser d’ailleurs.

Seule moment de tendresse que s’accordaient mes parents la sieste du dimanche aprém ou pendant celle-ci les deux sœurs diabolique que nous étions, ne manquait  pas de faire toutes les bêtises possibles et inimaginables, nous avons  compris qu’a l’âge adulte ce que faisait mes parents à l’heure de la sieste.

Les seuls souvenirs qui me restent en mémoire, de la vie avec mes deux parents ,  c’est que Mamita était très nerveuse et stressée quand nous habitions dans la maison, nous craignions son retour le soir car les cris fusaient, surtout pendant les repas lors desquels, je ne mangeais pas. Je cachais ma nourriture dans ma serviette de table  ou mes poches. Je faisais des allers retours aux toilettes pour y déposer mes restes de viande tout machouiller. Quand le chien était là, un superbe doberman feux, c’est lui qui profitait de mon repas. Seule chose que je mangeais, c’était le chêne des montants de chaise et   les meubles de la cuisine avec mes dents cassées  je faisais de belles rayures Il y  a encore les traces sur ceux-ci,  et accessoirement,  je grignotais le riz soufflé du chien. QUI me laissait volontiers sa gamelle un accord tacite entre nous. Je te donne ma viande et moi je mange ton riz.   

J’ai aussi  laissé mes traces de crocs sur tous les bancs de mon école ou j’ai usée mes fonds de culottes. Je m’en suis rendue compte quand je suis revenue sur les lieux du crime, lors du départ à la retraite de mon  institutrice, car  nous lui avons fait une fête surprise avec les anciens élèves de l’école.

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